
Un an de gestion : la santé sénégalaise est-elle en meilleure posture sous Dr Sy?Le 5 avril 2024, le Dr Ibrahima Sy était nommé ministre de la Santé et de l’Action sociale, avec une mission claire : sauver un système à bout de souffle. Pourtant, près d’un an plus tard, le constat est accablant.
Lors de la présentation des résultats de l'audit effectué par le ministère de la Santé, le 13 novembre 2025, Dr Ibrahima Sy a dressé un diagnostic alarmant : constructions défectueuses, manque criant de lits d’urgence, pénurie de spécialistes, et détournements de fonds publics (42,5 millions de FCFA). Des problèmes connus de longue date, mais toujours pas résolus.
Pis encore, face à ces dysfonctionnements, la réponse du ministre a été contre-productive : « Des sanctions arbitraires : rétention de salaires pour les agents contractuels, plongeant des familles dans la précarité. Des nominations politiques : recrutements opaques et promotion de jeunes médecins inexpérimentés à des postes clés, au mépris des besoins des populations.
Pour qui roule le ministre de la Santé ?La colère gronde parmi les professionnels du secteur qui se posent la question à savoir : pour qui roule le ministre de la Santé? En effet, des directeurs d’hôpitaux dénoncent une gestion clientéliste qui sacrifie la qualité des soins : « Le seul chirurgien de Roi Baudouin, le psychiatre de Louga, l’urgentiste de Kaffrine, le médecin orthopédiste de l'hôpital de Kaolack… tous ont été arrachés à leurs services pour être parachutés dans des bureaux et occupés les postes de directeurs généraux. Résultat ? Des zones entières se retrouvent sans spécialistes, tandis que des hôpitaux sont dirigés par des novices en administration ».
Le syndicaliste Cheikh Seck (F2S) enfonce le clou. Invité de Rfm matin, le 18 mars, le porte-parole de la Fédération des syndicats de la santé (F2S), regroupant six organisations syndicales, avait soutenu que « Depuis un an, le ministre se préoccupe de recaser ceux qui, dit-il, étaient porteurs du projet. C’est le cas des directeurs des hôpitaux récemment nommés. C’est du favoritisme !».
Une absence coupable des priorités gouvernementalesPire encore, la santé semble totalement absente de l’agenda du Président Diomaye Faye. L’expert en sécurité sanitaire, Dr Bousso, l’avait pourtant alerté : « La Santé absente des priorités du premier Gouvernement du Président Diomaye Faye ». Avant de renchérir : « Mortalité maternelle et infantile, maladies transmissibles et non transmissibles, urgences…restent problématiques pour notre pays ».
A cette situation s'y ajoutent les grèves incessantes des syndicalistes. La F2S, le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES)...ont déjà décrété des mouvements d'humeur. Si le secteur semble retrouver son calme, c'est parce qu'ils ont entamé depuis le 18 mars dernier, des négociations avec le gouvernementLa Santé absente des priorités du premier Gouvernement du Président Diomaye Faye
Mortalité maternelle et infantile, maladies transmissibles et non transmissibles, urgences…restent problématiques pour notre pays.
Qui peut m’expliquer ?@DiomayeFaye pic.twitter.com/e3RKybHeCv
— Dr Abdoulaye Bousso (@layebousso) April 13, 2024
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