
La manifestation devait aller jusqu’au ministère de l’Intérieur. Sur insistance des autorités, la marche s’est finalement arrêtée bien avant, au niveau de la poste de la Médina, où les leaders du M23 ont pris la parole. « Nous voulons la paix, a déclaré Ibrahima Fall, l’un des candidats à la présidentielle. Sinon, nous serions allés affronter les policiers qui sont derrière nous. Mais il est temps, que les autorités religieuses, les autorités traditionnelles prennent leur bâton de pèlerin et disent à Abdoulaye Wade qu’on ne saurait sacrifier une nation pour le profit d’une seule personne ».
Pour le socialiste Ousmane Tanor Dieng, autre candidat à la présidentielle, « la preuve est faite que le peuple sénégalais a tourné le dos à Abdoulaye Wade. Il faut qu’il retire sa candidature. C’est la meilleure solution pour la paix civile, c’est la meilleure solution pour notre pays ».
Visites de proximité
Le président sortant, Abdoulaye Wade, a de son côté effectué en fin d’après-midi des « visites de proximité » dans des quartiers populaires. L’occasion de bains de foule. La population l’a interpellé par son surnom, « goorgui » (le vieux, en wolof). Des jeunes ont couru le long du cortège. « Nous sommes allés dans des quartiers où on disait qu’il était perdu, confie, satisfait un membre de son entourage, et nous avons vu que les gens se levaient, ça grouille de monde… C’est la preuve qu’il a conservé sa popularité ».
Abdoulaye Wade a sillonné plusieurs quartiers populaires de Dakar
Dans la soirée, par ailleurs, un communiqué du ministère des Affaires étrangères a annoncé que Madické Niang, le ministre des Affaires étrangères, avait « convoqué l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Sénégal », Lewis Lukens. Le motif de cette convocation n’a pas été précisé. On sait simplement que la presse sénégalaise a attribué ces derniers jours au diplomate des propos critiques sur la candidature d’Abdoulaye Wade à un troisième mandat.
Source: RFI