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Accord de paix signé entre Sonko et le MFDC : l’éditorialiste, Domingo Mané parle « d’une bouffée d'oxygène pour le Sénégal »

Le 23 février 2025, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a signé un protocole d'accord de paix avec le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) en Guinée-Bissau, sous la médiation du Président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo. Dans un entretien accordé à PressAfrik, Bacary Domingo Mané, journaliste éditorialiste, s'est félicité de ce traité, estimant qu'il va être « une bouffée d'oxygène » à la fois pour le Sénégal, mais aussi pour les autres pays de la sous-région, à savoir la Gambie et la Guinée-Bissau. M.Mané est revenu sur les principales dispositions dudit accord de paix, sur le rôle joué par le président de la Guinée-Bissau, sur la réinsertion des combattants du MFDC et enfin sur comment cet accord pourrait-il influencer la stabilité régionale en Casamance et dans les pays voisins. Entretien!



Quelles sont les principales dispositions de l'accord de paix signé entre le gouvernement sénégalais et le MFDC le 23 février 2025 ?
 
Il faut dire que la rencontre à laquelle le Premier ministre Ousmane Sonko a participé du 21 au 22 février en Guinée-Bissau, concerne l’évaluation de l’accord de paix signé le 4 août 2022. Il fallait évaluer, savoir où est ce qu’ils en sont avec les engagements qui ont été pris. Parce que les deux partis avaient pris l’engagement du dépôt des armes du côté du MFDC, mais aussi du côté du gouvernement. La question de l’amnistie, la question de la grâce, a été posée. Il y a aussi la question du déminage de certains partis de la Casamance. Sur ces questions-là, il fallait évaluer et savoir où est ce qu’on en est. Deux ans après. L’accord que le Premier ministre a signé, le premier point à concerner la réaffirmation par la délégation des ailes des combattants du MFDC. C’est de dire, nous réaffirmons ce que nous avons signé le 04 août 2022. À savoir que nous sommes prêts à déposer les armes, mais aussi nous voulons la séparation de la Casamance avec le Sénégal. En-dehors de ces questions-là, ils ont posé la question sur la grâce présidentielle. Pour ce qui est de la séparation avec le Sénégal, le gouvernement a dit niet. Il ne transigera pas, il ne reculera pas. Maintenant, pour ce qui est de la grâce présidentielle, c'est la délégation du MFDC qui va proposer une série de listes au gouvernement pour voir quelles sont les personnes qui vont bénéficier de cette amnistie sur la grâce présidentielle. Il y a aussi la question du déminage. Le gouvernement s’est engagé en disant que cela fait partie du plan Diomaye pour la paix en Casamance.
 
Comment cet accord s'inscrit-il dans le contexte des précédents accords de paix, notamment celui signé en août 2022 à Bissau ?
 
L’accord signé en 2022 à Bissau, ce que cet accord a fait, c’est de revoir encore une fois de plus cet accord-là. Pour voir un peu où est ce qu’on en est dans la mise en œuvre. Donc l’accord du 23 février 2025 n’est que le prolongement de l’accord signé le 04 août 2022. Nous sommes toujours dans le contexte de ni paix, ni guerre en Casamance. Si des pourparlers ont commencé depuis 2022 jusqu’en 2025, les gens réitèrent leur engagement mutuel, c’est ça qui est intéressant. Chacune des parties a affirmé son engagement par rapport à ce qui a été signé.
  
Quel rôle le Président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, a-t-il joué en tant que médiateur dans la conclusion de cet accord ?

La Guinée Bissau était partie prenante dans le conflit casamançais, y compris même la Gambie si vous voulez. La Guinée-Bissau constitue une sorte de base arrière du MFDC. Le Président Umaro Sissoco Embalo connaît bien ce dossier de la Casamance. Il était lui-même militaire. Il fut militaire dans l’armée bissau-guinéenne. Le rôle qu’il a joué, c’est un rôle de facilitation. Il a facilité l’accord entre les deux parties. C’est quelque chose à saluer parce que ce conflit-là a duré presque plus de 40 ans. Donc il fallait que les gens retrouvent une paix définitive. Et le fait que la Guinée-Bissau s’implique dans la médiation, je pense que c’est une bonne chose.
 
Quelles sont les perspectives de réinsertion des combattants du MFDC dans la société sénégalaise après la signature de cet accord ? 

Dès l’instant où les combattants disent qu’ils vont déposer les armes, le gouvernement sénégalais va travailler à leur insertion. Ce sont des gens qui étaient dans le front. Ils ont des familles, des enfants, il va falloir que le gouvernement réfléchisse. Le gouvernement n’aménagera aucun effort pour trouver des solutions de réinsertion de ses combattants dans le quotidien des Sénégalais. Ils sont des Sénégalais à part entière. À partir de ce moment-là, les gens qui ont vécu durant des années dans le maquis, il va falloir organiser leur réinsertion
 
Comment cet accord pourrait-il influencer la stabilité régionale en Casamance et dans les pays voisins, notamment la Guinée-Bissau et la Gambie ?
 
La résolution de cette crise va être une bouffée d'oxygène à la fois pour le Sénégal, mais aussi pour les autres pays de la sous-région, à savoir la Gambie et la Guinée-Bissau. Parce qu'au plus fort de la crise, les populations Sénégal ont quitté leur village et sont allées se refuser dans ces pays de la sous-région à savoir la Guinée-Bissau et la Gambie et jusqu'à présent il y a certaines qui sont restées dans ces pays-là. Si on trouve un accord, c'est un bonheur pour le Sénégal et pour ces pays. La crise en Casamance a beaucoup duré et ceci a été un frein pour beaucoup de choses pour le Sénégal et les fils de la région de la Casamance. Parce que c'est quelque chose qui a freiné le développement du Sénégal.
 
La Casamance a un certain nombre de ressources qui auraient pu suffire à développer le Sénégal. Malheureusement, il y a eu cette crise. Mais heureusement que tout le monde a pris conscience qu'il faut s'arrêter. Parce que les premiers combattants la plupart ne sont plus de ce monde. Il va falloir laisser tout cela pour aller vers une Casamance de paix, un Sénégal de paix pour que toutes les régions du Sénégal puissent s'épanouir. On souhaite que cet accord soit définitif et qu'on ne parle plus de cette crise que tout le monde se donne la main. Parce que c'est dans la paix qu'on peut s'épanouir, c'est dans la paix qu'on peut se développer. Donc cet accord de paix est une bouffée d'oxygène pour la région de la Casamance et surtout pour le Sénégal de façon générale.
 
A rappeler que le Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) ont conclu un accord dimanche 23 février 2025 à Bissau, consolidant les acquis notés ces dernières années. En visite en Guinée Bissau, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a assisté à la clôture des négociations suivie de la signature de l'accord conclu entre le Sénégal, représenté par le Comité ad hoc pour la paix en Casamance et le Comité provisoire des ailes politiques et combattantes unifiées du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC). Cet accord, conclu après trois jours de négociations intenses, vise à instaurer une paix définitive dans le sud du Sénégal.
 



Vendredi 28 Février 2025 - 09:30


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