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«La presse est attaquée»: en Cisjordanie occupée, la répression israélienne contre les journalistes s'aggrave

L’armée israélienne multiplie les raids dans les camps de réfugiés palestiniens et ceux-ci s’accompagnent souvent de destructions de maisons et de déplacements forcés de population. La présence de journalistes semble gêner l'État hébreu Arrestations, détentions, matériel détruit, interdiction de se déplacer, notamment à Jérusalem. On savait le quotidien des reporters et des photographes très dangereux à Gaza, mais il l’est aussi en Cisjordanie occupée.



Arrestations arbitraires, journalistes visés par des tirs, interdictions d'exercer ou de se déplacer : la répression contre les journalistes s'intensifie en Cisjordanie, selon le constat de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a compilé les témoignages de nombreux journalistes sur place. Au total, ils ont répertorié 20 attaques autour des camps de réfugiés depuis début 2024, ainsi que 17 journalistes arrêtés, explique Jonathan Dagher, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF.
 
Il y a une intention de terroriser les journalistes, de les décourager de filmer. C'est très difficile d'avoir de l'information, parce que se déplacer d'un village vers un autre, nécessiterait de franchir 15, 16 ou 17 checkpoints militaires. Et sur chacun de ces checkpoints, les journalistes risquent d'être arrêtés, fouillés, retardés.
 
 « J’avais l’impression que c’était la mafia qui m’arrêtait », raconte une journaliste
Latifeh Abdellatif, journaliste palestinienne de 34 ans, travaille pour plusieurs médias internationaux. Elle a été détenue trois jours la semaine dernière. Malgré les risques, Latifeh Abdellatif a tenu à raconter le jour de son arrestation. « J’ai été arrêtée dans des conditions étranges. Franchement, j’avais l’impression que c’était la mafia qui m’arrêtait, témoigne Latifeh Abdellatif, au micro d'Amira Souilem, correspondante de RFI à Ramallah. Je conduisais et la police m’a stoppée. Ils m’ont fait descendre et ont ouvert les quatre portières de la voiture puis ont fouillé le véhicule. Ils ont pris mon téléphone aussi. Et on m’a dit que j’allais être arrêtée. J’ai demandé à pouvoir aller récupérer mon fils de sept ans, mais ils ont refusé. »
 
Lors de son interrogatoire, Latifeh Abdellatif, suivie par plus de 215 000 personnes sur Instagram, est sommée de s’expliquer sur certaines de ses publications. Et notamment sur le partage qu’elle aurait fait d’une vidéo du chef du Hamas Yahya Sinwar, considéré comme l’instigateur des attaques du 7-Octobre perpétrées par le groupe terroriste.
 
« Je ne sais même pas si j’ai posté ça. Mais admettons que j’aie posté cette vidéo, et alors ? Cela ne dit rien de ce que je pense. J’ai juste partagé une vidéo d’un discours de [Yahya] Sinwar comme je le fais avec [Benyamin] Netanyahu ou [Donald] Trump ou avec n’importe quel autre leader. Bien sûr que la presse est attaquée. C’est une façon de nous réduire au silence et de lutter contre la liberté d’expression. »
 
Alors que le ramadan est traditionnellement une période de tension à Jérusalem, ce sont quinze reporters palestiniens, selon le décompte de Latifeh Abdellatif, qui ont reçu l’interdiction de s’y rendre pour les semaines à venir.

RFI

Lundi 24 Mars 2025 - 10:58


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