Le changement de nom du boulevard Général de Gaulle en boulevard Mamadou Dia à l'occasion de la célébration de la fête de l'indépendance du Sénégal ce 4 avril marque un tournant décisif dans l'affirmation de la souveraineté du Sénégal.
Cette décision, loin d'être un simple geste symbolique, est un acte fort de réappropriation de notre histoire et de nos héros oubliés. Mamadou Dia, grand résistant et visionnaire incompris, retrouve ainsi la place qu'il mérite dans la mémoire collective du pays.
Ce geste s'inscrit dans une dynamique plus large : celle d'une troisième alternance, qui doit marquer l'émergence d'une indépendance véritable et assumée. Loin d'être seulement politique, cette alternance doit être culturelle, économique et diplomatique.
1. UNE AFFIRMATION SYMBOLIQUE ET POLITIQUE
Le boulevard Mamadou Dia doit être inauguré avec toute la solennité qu'impose un tel événement. La présence du chef de l'État et du Premier ministre en tenue traditionnelle symboliserait l'enracinement de notre gouvernance dans nos valeurs. Plus qu'un simple changement de plaque, cet événement doit être l'occasion d'un discours fondateur, appelant à une rupture véritable avec les vestiges du passé colonial.
2. UNE DÉMARCHE QUI S'INSCRIT DANS UN CONTEXTE PLUS LARGE
Ce changement intervient alors que le Sénégal amorce un tournant décisif avec la reprise des bases militaires françaises, une étape essentielle vers la pleine maîtrise de notre territoire et de notre défense.
Il faut rappeler que des étapes déjà très importantes ont été déjà franchies avec l'Union européenne qui a été poussée à la sortie dans les accords de pêche, la vérité des chiffres quoi que cela ne coûte au Sénégal et la prise de conscience des investisseurs étrangers que rien ne sera plus comme avant
C'est dans cette même logique qu'il convient d'approfondir la réflexion sur d'autres leviers de souveraineté :
1 Une autonomie monétaire renforcée, avec une révision du rôle du franc CFA dans notre économie.
2 Une refonte des accords économiques et commerciaux, pour mettre fin à la domination des intérêts étrangers sur nos ressources naturelles.
3 Une souveraineté alimentaire, en réduisant notre dépendance aux importations et en valorisant l'agriculture locale.
4 Une redéfinition de nos partenariats internationaux, en renforçant la coopération Sud-Sud et les alliances stratégiques africaines.
5:Un enseignement recentré sur notre histoire et nos valeurs, afin de former une jeunesse fière et consciente des enjeux de son temps.
Le moment est venu d'écrire une nouvelle page de notre histoire, une page de souveraineté réelle et assumée.
Magaye GAYE
Économiste international
Anvien Cadre de la Boad
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