
L’Afrique est aujourd’hui un acteur majeur du système international de financement du développement. Chaque semaine, voire chaque mois, de nouveaux accords de financement sont signés entre des pays africains et des partenaires étrangers – qu’il s’agisse d’États, d’institutions financières multilatérales ou d’organisations internationales. Si ces accords jouent un rôle crucial dans le financement des infrastructures et des secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, l’eau ou encore la pêche, leur structure et leur orientation soulèvent des questions fondamentales quant à leur efficacité à long terme. L’analyse de ces financements révèle en effet une constante : ils sont principalement orientés vers la prise en charge des besoins urgents et des priorités immédiates.
Ces investissements sont indéniablement nécessaires, notamment pour soulager les populations et répondre aux besoins pressants de redressement de l’état de nos écosystèmes et de nos économies locales. Toutefois, en l’absence d’une vision stratégique de long terme, ces financements aboutissent à un cycle perpétuel de dépendances, où les mêmes problèmes resurgissent quelques années plus tard, nécessitant de nouveaux financements extérieurs.
Il en va de même pour d’autres secteurs. L’électrification dans nos pays, y compris avec les énergies renouvelables, repose souvent sur des infrastructures et des technologies importées. Ceci limite l’autonomie des États en matière de maintenance et surtout de développement de technologies énergétique, donc de maitrise énergétique. La gestion de l’eau et des ressources minières a souvent été jusque-là confiée à des experts étrangers sans une clause de transfert de technologies ; ceci empêche la constitution d’un savoir-faire local durable en matière de traitement de l’eau et des minéraux extraits.
Dans ce contexte, les États africains se retrouvent dans une position de demandeurs permanents, ce qui réduit leur capacité à orienter les priorités de développement en fonction de leurs propres intérêts stratégiques. En effet, celui qui finance impose ses priorités, ce qui peut freiner des initiatives essentielles à la souveraineté économique et technologique du continent
Incontestablement, les secteurs ciblés par ce financement sont essentiels pour la CEDEAO. En effet, les défis liés à l’accès suffisant et de qualité à l’énergie, à l’eau potable et à l’agriculture soutenable sont structurels dans la région :
En effet, des millions de personnes dans la région souffrent d’un déficit énergétique majeur. Le développement de projets photovoltaïques contribuera à combler ce retard. Les pratiques agricoles actuelles dans beaucoup de pays de la CEDEAO sont insoutenables pour les écosystèmes, notamment en raison de la surexploitation des terres, du manque d’innovation et de la faible productivité. La rareté de l’eau potable, la baisse projetée des ressources en eau douce liée au changement climatique et le manque d’infrastructures, d’équipements et d’expertise en traitement des eaux usées et salines sont des défis critiques qui limitent la réalisation du bien-être des populations de la CEDEAO.
Ces investissements sont donc nécessaires pour soulager les populations des souffrances qu’elles subissent quotidiennement dans le court terme et apporter des améliorations concrètes aux infrastructures existantes et aux services qu’elles délivrent au profit des populations.
Il est important de souligner que ces financements internationaux ne sont jamais neutres. Ils sont souvent orientés en fonction des intérêts stratégiques et économiques des pays bailleurs. Les entreprises européennes par exemple bénéficieront directement des contrats pour fournir équipements et expertise technique, maintenant ainsi une dépendance économique et industrielle des pays africains. Cette dynamique risque donc de limiter la souveraineté technologique de la CEDEAO si ces projets ne sont pas repensés dans une optique d’autonomie à long terme.
Pour garantir un impact réellement durable, il est impératif que ces financements intègrent un volet de recherche et développement, permettant aux pays de la CEDEAO de s’approprier les technologies clés afin d’assurer leur indépendance dans ces secteurs stratégiques. Il est donc temps que les États africains exigent des financements mieux structurés, intégrant une vision à long terme axée sur la souveraineté technologique dans les secteurs clés du développement de nos Etats.
Concrètement, les Etats de la CEDEAO mais aussi de façon plus globale, les Etats africains doivent désormais, entre autres, :
- Une prédominance des financements à court terme………
Ces investissements sont indéniablement nécessaires, notamment pour soulager les populations et répondre aux besoins pressants de redressement de l’état de nos écosystèmes et de nos économies locales. Toutefois, en l’absence d’une vision stratégique de long terme, ces financements aboutissent à un cycle perpétuel de dépendances, où les mêmes problèmes resurgissent quelques années plus tard, nécessitant de nouveaux financements extérieurs.
- Et finalement, on finance la dépendance des Etats africains
Il en va de même pour d’autres secteurs. L’électrification dans nos pays, y compris avec les énergies renouvelables, repose souvent sur des infrastructures et des technologies importées. Ceci limite l’autonomie des États en matière de maintenance et surtout de développement de technologies énergétique, donc de maitrise énergétique. La gestion de l’eau et des ressources minières a souvent été jusque-là confiée à des experts étrangers sans une clause de transfert de technologies ; ceci empêche la constitution d’un savoir-faire local durable en matière de traitement de l’eau et des minéraux extraits.
Dans ce contexte, les États africains se retrouvent dans une position de demandeurs permanents, ce qui réduit leur capacité à orienter les priorités de développement en fonction de leurs propres intérêts stratégiques. En effet, celui qui finance impose ses priorités, ce qui peut freiner des initiatives essentielles à la souveraineté économique et technologique du continent
- UN CAS D’ECOLE : Le récent Accord de financement entre la BIDC et la BEI
- Les énergies renouvelables, avec une priorité donnée aux projets photovoltaïques de petite et moyenne taille.
- L’agriculture durable, afin d’encourager des pratiques agricoles plus respectueuses des écosystèmes.
- Le traitement de l’eau, notamment le recyclage des eaux usées et la désalinisation des eaux salines et océaniques.
- Un financement pertinent au regard des urgences socioéconomiques et écologiques dans la région…..
Incontestablement, les secteurs ciblés par ce financement sont essentiels pour la CEDEAO. En effet, les défis liés à l’accès suffisant et de qualité à l’énergie, à l’eau potable et à l’agriculture soutenable sont structurels dans la région :
En effet, des millions de personnes dans la région souffrent d’un déficit énergétique majeur. Le développement de projets photovoltaïques contribuera à combler ce retard. Les pratiques agricoles actuelles dans beaucoup de pays de la CEDEAO sont insoutenables pour les écosystèmes, notamment en raison de la surexploitation des terres, du manque d’innovation et de la faible productivité. La rareté de l’eau potable, la baisse projetée des ressources en eau douce liée au changement climatique et le manque d’infrastructures, d’équipements et d’expertise en traitement des eaux usées et salines sont des défis critiques qui limitent la réalisation du bien-être des populations de la CEDEAO.
Ces investissements sont donc nécessaires pour soulager les populations des souffrances qu’elles subissent quotidiennement dans le court terme et apporter des améliorations concrètes aux infrastructures existantes et aux services qu’elles délivrent au profit des populations.
- Mais cette approche de financement à court terme est problématique pour les pays de la CEDEAO
Il est important de souligner que ces financements internationaux ne sont jamais neutres. Ils sont souvent orientés en fonction des intérêts stratégiques et économiques des pays bailleurs. Les entreprises européennes par exemple bénéficieront directement des contrats pour fournir équipements et expertise technique, maintenant ainsi une dépendance économique et industrielle des pays africains. Cette dynamique risque donc de limiter la souveraineté technologique de la CEDEAO si ces projets ne sont pas repensés dans une optique d’autonomie à long terme.
- Pour un nouveau modèle de financement intégrant la nécessité de bâtir notre maitrise des technologies
Pour garantir un impact réellement durable, il est impératif que ces financements intègrent un volet de recherche et développement, permettant aux pays de la CEDEAO de s’approprier les technologies clés afin d’assurer leur indépendance dans ces secteurs stratégiques. Il est donc temps que les États africains exigent des financements mieux structurés, intégrant une vision à long terme axée sur la souveraineté technologique dans les secteurs clés du développement de nos Etats.
Concrètement, les Etats de la CEDEAO mais aussi de façon plus globale, les Etats africains doivent désormais, entre autres, :
- Exiger qu’une part importante des financements soit allouée à la recherche et au développement par les chercheurs africains de technologies ;
- Mettre en place des conditions de transfert de technologie, en imposant aux Etats et entreprises étrangers de former et d’impliquer des experts locaux dans la mise en œuvre des projets ;
- Dans cette foulée, créer des consortiums ou des centres africains d’excellence technologique regroupant universités, centres de recherche et entreprises locales pour développer des solutions endogènes ;
- Prioriser des financements favorisant la production locale de technologies, de solutions ;
- Renforcer la capacité des États à négocier des financements souverains, avec des clauses garantissant l’indépendance technologique et financière à long terme.
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